BERNARD BERMOND EST MORT...

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C'est avec beaucoup de tristesse que les salonais viennent d'apprendre le décès à l'age de 87 ans de Bernard Bermond. Un homme qui a marqué le vie salonaise pendant des décennies.

Ancien résistant, puis commerçant sur le cours Victor Hugo, Bernard Bermond s'est vite impliqué dans la vie locale en participant à la vie politique. Gaulliste historique, il a été de tous les combats politiques des années 60. Longtemps adjoint au maire de Jean Francou, il s'est présenté plusieurs fois pour être conseiller général.

Mais on retiendra de lui son héroïque action au sein de la résistance qui l'a amené à s'établir à Salon à la Libération.

Après être né en Turquie, c'est au HAVRE que le jeune Bernard Bermond réside au moment de à la déclaration de guerre en 1939. Il s'engage pour la durée de celle-ci. Il quitte Le Havre, se retrouve à Morlaix puis à Brest, où il cherche à rejoindre l'Angleterre.

Les troupes ennemies arrivant à ce moment-là, il s'évade et se rend à bicyclette au Havre.

Début de 1941, Bernard Bermond fait partie du groupe de résistance ANDREANI dont la mission était de faire évader des prisonniers français cantonnés au Havre vers Paris.

A la suite de son action, il est contraint de quitter Le Havre et s'installe à Marseille en janvier 1942. Après avoir accompli le " Chantier de Jeunesse ", il rejoint la Corse en novembre de la même année et intègre le réseau R2/Corse avec M. PANICALI, du 1er février 1943 au 10 septembre 1943, en compagnie de Joseph ROCCA SERRA qui deviendra, par la suite, son radio.

Arrêté par la police italienne le 15 juin 1943 à Bonifacio (Corse), il est incarcéré à la Citadelle et libéré après deux mois de détention.

Mais s'évade pour participer à la libération de l'île et, notamment, à la bataille de LEVI. Pris dans une embuscade, il sauve d'une mort certaine deux résistants.

A la libération de la Corse, Bernard Bermond rejoint Alger, s'engage dans l'armée française et est détaché à l'O.S.S. (Office Stratégic Service américain) qui cherchait des volontaires pour être parachutés en France. A l'issue d'un stage de trois mois, il est nommé Chef de Mission. Ils embarquent sur une vedette italienne conduite par un officier anglais qui, depuis Bastia, les conduit sur la côte varoise, près de Ramatuelle, à la pointe du Capion au Cap Pinet. Ils débarquent le 28 décembre 1943 à quelques mètres de l'ennemi.

Sa première mission était de créer un réseau implanté de Monte-Carlo au Vaucluse, en passant par Salon-de-Provence, à cause de la base aérienne, et surtout fournir des renseignements et confirmer les dispositifs militaires mis en place par l'ennemi. Bernard Bermond créa aussitôt un réseau et grâce à des collaborateurs très actifs, il a pu mettre en place une équipe qui a pu lui fournir très rapidement les renseignements qu'il souhaitait. Sa mission terminée, il rejoint Alger via l'Espagne.

Après un accrochage avec les Allemands, il est fait prisonnier par les Espagnols à Llivia.

Transférés à Puigcerda par les carabiniers espagnols, il réussit à sauver des documents d'une importance stratégique.

Détenu à la prison de Puigcerda, il réussit à convaincre son geôlier, un paysan espagnol, de transmettre au Consulat Américain de Barcelone les microfilms qu'il détenait.

Après une détention dans les prisons de Puigcerdá, Barcelone, Saragosse et enfin au camp de Miranda-Del-Ebro, grâce à la complicité du Consulat Américain qui avait été informé de son incarcération par l'agriculteur, il parvient au début du mois de mars 1944 à se faire libérer.

Il rejoint par avion spécial Alger par Gibraltar, via Casablanca. Arrivé dans les locaux de l'OSS (les services secret américains) où il fut chaleureusement félicité, il a eu l'agréable surprise de voir tous ses documents agrandis, tapisser les murs d'une pièce.

Il doit être parachuté, avec quelques hommes, pour une deuxième mission en France le 24 mai 1944, en sa qualité de Chef de Réseau.

Parachutés au " Vallon de l'Homme Mort " près de la Bouilladisse (Bouches du Rhône), ils arrivent à Belcodène et se cachent.

Lors de leurs parachutages, un container sur deux avait été perdu et trouvé par les gendarmes français qui l'ont remis à la police allemande, ce qui a provoqué un ratissage de toute la région.

Mais il fut trahis par un espion à la solde des nazis qui oeuvrait dans l'état major de la résistance à Alger. Suite à un faux message, Bernard Bermond va à un rendez-vous le 12 juin 1944 à 18 heures au bar Berlioz (rue Berlioz) à Marseille. Hélas c'est la Gestapo qui l'attend.

Après quelques heures de prison, on fit entrer dans sa cellule un prêtre, l'Abbé CHOQUET. Grâce à l'initiative de ce dernier, il réussit une spectaculaire évasion du septième étage de la Gestapo considérée comme " mission impossible ".

Après trois enquêtes, il fut immédiatement décoré de la Légion d'Honneur. Cette évasion a permis de dénoncer aux services d'Alger la trahison d'un des leurs et d'arrêter, à la libération, dix complices qui travaillant pour la Gestapo, dont plusieurs, furent condamnés à mort.

Le réseau " FYR " qu'il a constitué était composé de 144 membres.

A l'occasion d'une cérémonie à Nice célébrant le 50ème anniversaire du Débarquement en Provence, Bill CLINTON alors Président des Etats-Unis lui fit remettre une lettre de félicitations par le Général Américain QUINN, Adjoint du Général PATCH, en présence de son Chef, le Colonel HYDE, Chef de l'OSS, en reconnaissance des renseignements fournis à l'époque, qui avaient permis aux troupes alliées de modifier leur dispositif de débarquement.

Puis à la Libération Bernard BERMOND, s'installe à Salon de Provence ou il ouvre une boutique de Fourrures. Par ailleurs, il prend une part de plus en plus active dans la vie municipale (Adjont au Maire pendant 24 ans), il a été également Conseiller Régional, tout en gardant son action au sein du monde combattant. Il a longtemps animé la section locale du parti gaulliste UDR ou RPR.

Elu Président au sein de la Section Départementale des FORCES FRANCAISES COMBATTANTES en 1961, constamment réélu depuis, il est, avec son équipe, à l'origine de l'édification du Mémorial de Jean MOULIN à Salon-de-Provence. Président du Comité du Mémorial en 1964, il mène ce projet à son terme, fort de l'amitié et du soutien inconditionnel que lui apporte Laure MOULIN, la sœur du héros.

De même, ce grand projet bénéficie d'une caution morale sans précédent puisque le Général de GAULLE accepte, fait unique, la présidence d'Honneur du Comité et lui accorde son Haut-Patronnage.

Le 28 septembre 1969, en présence des plus hautes autorités civiles et militaires françaises et étrangères, Jacques CHABAN-DELMAS, alors Premier Ministre, inaugure officiellement le Mémorial Jean MOULIN, considéré à juste titre comme le plus beau de tous les monuments érigés à la mémoire du courageux Préfet de Chartres, délégué du Chef de la France Libre, chargé de l'unification de toute la Résistance Française, qui fut le premier Président du Conseil National de la Résistance.

Bernard Bermond était trés impliqué dans les milieux scolaires pour raconter aux jeunes générations les explois de la résistance. Il participait chaque année à la remise des prix de la Résistance aux jeunes collégiens.

Bernard Bermond fut Commandeur de la Légion d'Honneur, Commandeur de L'Ordre National du Mérite, Croix de Guerre à l'ordre de l'Armée, Médaille de la Résistance avec rosette, Médaille des Evadés avec Croix de Guerre, Croix du Combattant Volontaire.

Les obsèques de Bernard Bermond ont eu lieu le Lundi 4 août en L'Eglise Saint Laurent. Une foule immense d'amis et d'anciens combatants y assistait. De nombreuses personalités dont le Préfet des Bouches du Rhône, le Député Chrisitian Kert, le Président Patrick Ollier (ancien Président de l'Assemblée Nationale), et plusieurs élus de Salon et de la Région ont salué une dernière fois, Bernard Bermond.